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De longues files blondes, comme des autoroutes droites, dévalent l’éther et pointent vers le sol. Dans cette beauté scandinave, pas de nœuds ni d’obstacles, seul un immense vide vertigineux.

Des chemins de blés argentés, dont la teinte presque volcanique, plongent le spectateur dans une nostalgie rare et profonde. Les sens se chamboulent, se froissent les uns contre les autres et transcendent des souvenirs oubliés dont les couleurs se ravivent, intactes.

Et bientôt les yeux, comme des petits volets sertis par les enfers de l’hiver, s’ouvrent pour s’offrir la lumière de l’univers.

Les paupières, alourdies par le gel, battent des ailes comme une pariade en fuite.

Les iris, dont la couleur rappelle les lacs sauvages de Finlande, sont d’un bleu impérial et impénétrable.

Leur beauté traduit l’histoire des hivers passés, d’une enfance volée, d’un avenir qui reste à écrire.

Et leur mouvement, encore ralenti par la gloire d’un été nouveau, dévisage l’horizon  constellé.  De cirrus qui assiègent un ciel d’une pureté égale au bleu de tes yeux.

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