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Le hamac, ce petit filet suspendu entre deux points, constitue le seul espace où, sans l’aide de mes mains, j’aime déposer mon âme. Abandonné, confiné dans cette petite toile de tissu dont l’inertie se voit bousculée par mon être chétif, je m’y abandonne comme dans une bulle, prenant soin de déposer mes soucis à l’extérieur. Car une fois le seuil passé, je ne pense plus à rien, je laisse mes pensées faire le reste et le vide s’installer en moi. Et ce vide, je le contemple, je m’en empare, saisis chaque centimètre carré de sa surface que je traduis comme autant d’opportunités de ne penser à rien.

Et c’est peut-être le seul endroit sur terre où le rien possède quelque chose de beau et d’agréable. L’intimité de cette bulle me berce de droite à gauche puis de gauche à droite. La rythmique de ce balancement, pourtant si innocent, détend mes muscles et permet à mon esprit de s’évader vers des frontières inexplorées. Et dans cette flânerie en mouvement, j’y trouve un refuge, celui d’un lieu où plus rien ne m’atteint et où tout reste à explorer. La sensibilité et l’humeur du moment font le reste.

Le reste, qu’il constitue une infime satisfaction ou un plaisir infini, ce reste, met au même niveau toutes les émotions ressenties. Elles sont reléguées au même plan, possèdent la même importance au point que j’ignore si c’est moi qui avance vers ce refuge ou si c’est ce
dernier qui s’empare de moi. Car le tissu, tels des remparts, me projette dans un monde où tout semble plus serein. Et je comprends alors, que l’importance n’est pas tant que le monde réel soit serein mais que, l’espace d’un instant, même fugace, il apparaisse tel quel.

Photo : Porvoo (Finlande) – Mars 2016

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