ÉMERAUDES ÉTAIENT-ILS

Efface mes cieux avec tes yeux
Balaie tes nuages avec mes pages
Essuie notre soleil, regarde l’éveil
D’un nouveau jour, d’un nouvel âge

Solstice d’été, solstice d’hiver
S’ignorent et embaument l’air
Pour réécrire l’éphémère
Pour sacrifier le délétère.

Nait alors l’union de deux sourires
Éclairés par la splendeur des rires
Éclaboussés par l’odeur du zéphyr
Statufiés dans l’aube d’un avenir

Celui où tes formes, telles des dunes
Sont soumises aux attractions de la lune
Celui où tes yeux, telles des émeraudes
Irisent le jour qui lentement s’érode.

C’est à la lueur de mon regard,
Que tu revis les nuits passées
C’est dans l’obscurité des vagues déliées
Que nous pleurons ces jours sucrés.

A.D.-S.

EMPIRES

I.

C’était hier le solstice d’hiver,
nouvelle neige allongée sur la terre.
Un doux soleil essuyé s’épuisait :
ses longs rayons, trop pâles pour oser
évacuer les soupirs…

II.

C’était hier le solstice d’été,
lorsque les champs et les graines germaient.
De retour l’émeraude élémentaire
et les pelles pour retourner la terre
des fosses de nos empires…

A.C.



LES HEURES SUSPENDUES

Jeunesse lascive, passive,
Ces longs instants absents, manquants, béants
Cette sensation d’avoir regardé le verre se vider
mais jamais d’avoir pu le contempler dans son humble plénitude
ou dans son insolente vacuité

des appels émis sans destinataire
des rendez-vous donnés sans lieux
un feu de cheminée qui crépite d’un ailleurs
mais toujours personne pour témoigner de sa chaleur

un hiver long et rude d’un ici que l’on connaît trop bien
et dont tout le monde ne cesse de rappeler le trop loin

à la recherche des heures suspendues
celles où les silhouettes se détachent de l’embrasure
celles où le décor prend vie en une morsure
celles où les pulsions adolescentes s’animent

où sont-elles passées, ont-elles jamais existé

il y a, dans un souvenir lointain mais subsistant,
cette odeur de cigarette qui flotte et embaume la pièce
les peaux nues et chaudes qui scintillent dans le noir
éclairées un court instant par la lueur d’un orgasme

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